Quatre pistes pour redonner du souffle aux coeurs des villes moyennes (3/3)

Comment transformer la vision portée sur les villes moyennes et leurs centres, pour éviter de tomber dans le piège du discours nostalgique que nous évoquions dans notre précédent billet ? Cela suppose sans doute d’inverser la logique des politiques ciblées sur les villes moyennes. A l’heure où s’ouvre le congrès annuel de Villes de France à Cognac, troisième et dernier volet de notre série sur les villes moyennes.

Le programme Actions Coeur de ville comme les plans qui l’ont précédé sont surtout focalisés sur l’offre : rénover le parc de logement pour lutter contre la dégradation du bâti, requalifier les rez de chaussée pour limiter la vacance commerciale, construire des bureaux pour attirer des emplois, etc. Le problème, c’est que cette offre bâtie s’avère en décalage croissant avec les modes de vie contemporains et la fonction des villes moyennes.

Il serait sans doute plus porteur de repartir de la « demande de villes moyennes ». Quels sont les besoins de celles et ceux qui y vivent ? Quelles sont les attentes de celles et ceux qui pourraient y venir ? Quelles sont les fonctions qui spécifient ces villes intermédiaires, par contraste aux Métropoles et aux ruralités ?

La question est vaste, et mériterait une investigation plus poussée. Contentons-nous pour l’instant de lancer quelques pistes,  en espérant que le programme Action Cœur de ville permette de les approfondir et de les étayer par des expériences mises en œuvre localement.

Réinventer la ville « à taille humaine »

Commençons par un paradoxe : le discours sur le déclin des villes moyennes se répend alors que la quête d’une ville « à taille humaine » n’a jamais été aussi forte. Cette aspiration se construit par opposition aux métropoles. La croissance de ces dernières s’accompagne en effet d’une dégradation de leur qualité de vie (pollution, saturation des réseaux de transports et des équipements du quotidien…). Elle se traduit surtout par une intensification de la concurrence, sur le marché de l’emploi comme sur l’accès au logement.

Entre les métropoles et les villes moyennes, il n’y a pas qu’un changement de taille. C’est aussi une différence de mode de vie, voire d’état d’esprit. De plus en plus interdépendantes au niveau économique (cf. les travaux de Davezies et Talandier sur les systèmes productivo-résidentiels), ces deux catégories de villes sont aussi de plus en plus contrastées au niveau des aspirations de leurs habitants.

Au « work hard, play hard » affiché par les Métropoles, les villes moyennes semblent affirmer une autre vision : « work soft, live well ». Cet accent sur la qualité de vie se retrouve notamment dans le rapport au temps. Mettez un métropolitain et un habitant de ville moyenne autour d’une table, et vous obtiendrez immanquablement la même question : « Comment faites-vous pour supporter ce rythme infernal ? Pourquoi vouloir aller toujours plus vite, dans les couloirs du métro comme dans le plan de carrière ? ».

Les villes moyennes comme territoire du care : l’enjeu des services à la personne

Cette vocation des villes moyennes à la qualité de vie résulte aussi d’une autre vision des priorités, où la logique du care (le soin apporté à soi et aux autres) prime sur l’impératif de productivité. Le diagnostic produit par le CGET montre par exemple que les villes moyennes sont les premières concernées par le vieillissement de la population.

Pour l’action publique, cela signifie que l’objet « cœur de villes moyennes » est au moins autant un enjeu de services à la personne qu’une question d’aménagement urbain. Au-delà de la lutte pour le maintien des grands équipements, comment mieux accompagner les habitants de ces centre villes ? Que peuvent faire les collectivités pour soutenir les aidants, qu’ils soient professionnels ou bénévoles ? Et si on faisait des services à la personne un facteur clé pour attirer de nouveaux ménages dans les centres ?

Concrètement, cette logique d’accompagnement pourrait se décliner de multiples façons :

> Favoriser l’accueil des professionnels du service à la personne (infirmiers, aides à domicile, assistantes maternelles) pour (re)faire des cœurs de ville une centralité de services. Logements à prix modérés, mise en relation avec les usagers, mutualisation des lieux et des fonctions supports, soutien à la structuration d’un réseau des aidants… A côté des mesures nationales, les villes disposent de nombreux leviers pour agir en la matière.

> Mettre l’accent sur la mise en lien entre les acteurs, pour accompagner l’émancipation des individus par le collectif. Cela peut passer par l’organisation de forums combinant acteurs locaux et nationaux  ou par le développement du mentorat (dans le développement économique avec les business angel comme dans la formation avec un accompagnement de qualité pour l’orientation vers l’emploi et l’enseignement supérieur).

> Soutenir les commerces indépendants pour en faire les premiers acteurs du service à la personne. Les discussions sur le rôle des pharmaciens comme praticien de la santé de proximité pourraient être élargies aux autres commerces : les librairies comme service d’accès à la culture ? les boucheries, restaurants ou primeurs comme service qui aide chaque individu à reprendre la maitrise de son alimentation ? Les magasins de jouets ou de vêtements comme espace d’accompagnement à la parentalité ? Face à la croissance de l’achat en ligne, les commerces doivent se réinventer. Charge à la collectivité d’orienter ces évolutions dans un sens utile au fonctionnement des cœurs de ville et à leurs occupants.

Les pistes sont nombreuses, et souvent déjà en germes ici ou là. Toutes se caractérisent par un effort d’accompagnement et d’attention aux personnes.

Les villes moyennes comme levier d’urbanisté : l’enjeu des services urbains

L’aspiration d’une « ville à taille humaine » ne se réduit pas à son opposition aux métropoles. Elle témoigne aussi d’une recherche d’urbanité, par contraste avec les territoires périurbains. Dans le discours actuel, cette spécificité des centres est souvent réduite à la question commerciale. Mais à l’heure des achats en ligne et de la consommation collaborative, les commerces sont-ils encore le plus important levier d’urbanité ?

C’est sans doute du côté des services urbains qu’il faut regarder pour donner une nouvelle consistance à cette notion d’urbanité dans les cœurs de villes. L’économie circulaire, les espaces publics, la performance énergétique et la mobilité partagée pourraient constituer des facteurs de regain plus puissants et plus utiles pour les « usagers » des villes moyennes. A condition d’en renouveler les objectifs et les modalités d’intervention.

> Par exemple sur la mobilité, l’accès à la nature (en bus, en vélo ou en voiture partagée) importe autant que l’accès au centre. La réactivité et la lisibilité d’un dispositif de transport à la demande (ou de vélo en libre-service) est plus utile qu’un arrêt de bus desservi toute les deux heures. A ce titre, le déploiement des flottes de vélos en libre-service est sans doute plus adapté dans les villes moyennes que dans les métropoles.

> Idem sur les déchets. L’enjeu n’est pas d’optimiser la collecte des ordures, mais de faire de l’économie circulaire un nouveau levier pour le développement du territoire. Et si la « taille humaine » était aussi ce qui permettait de faciliter le réemploi des matériaux de construction, de privilégier la réparation sur l’acte d’achat, de susciter de l’emploi qualifiant pour transformer les déchets en ressources ?

> Sur les espaces publics, la question est ancienne. Mais elle reste traitée sur le mode des aménagements paysagers et urbains, alors que l’enjeu consiste à gérer l’activation et l’animation de ces espaces pour sortir des limites de la « rue piétonne de ville moyenne » (artère de centre-commercial à ciel ouvert le samedi, espace désert le dimanche). De ce point de vue, les réflexions engagées sur l’animation des places dans les métropoles ouvrent des pistes enthousiasmantes.

Cette entrée invite aussi à renouveler les formes des partenariats avec les opérateurs de services urbains (traditionnels et nouveaux entrants), pour élargir le spectre des services proposés et les intégrer dans une stratégie d’urbanité plus vaste. Sur ce sujet, voir la réflexion menée avec Isabelle Baraud-Serfaty et Clément Fourchy sur les modèles économiques urbains.

Les villes moyennes comme nouveaux (tiers)lieux du commun : l’enjeu des équipements collectifs

Les équipements sont un autre élément de cette recherche d’urbanité et de centralité qui caractérise les cœurs de villes moyennes. L’hôpital, le tribunal, la CAF, le musée, le lycée de centre-ville… les équipements publics sont constitutifs de l’identité des cœurs de villes moyennes.

Mais ce lien historique est aujourd’hui en train de se distendre. Ces équipements sont les premiers touchés par la rationalisation des services publics. Les fermetures se multiplient, sous la pression des administrations centrales. Dans d’autres villes, ils sont relocalisés en dehors du centre pour rénover leurs espaces et diminuer les coûts. Concurrencés par les centres-commerciaux et les multiplexes de périphérie, ces équipements ne parviennent plus à jouer ce rôle de ciment local. Ils apportent des services indispensables (que les élus locaux essayent de préserver tant bien que mal), mais ont-ils encore la capacité à créer du commun ?

Pour retrouver leur dynamisme, les cœurs de villes moyennes doivent réinventer la forme et la fonction des équipements collectifs. A quoi ressembleraient ces lieux propices au brassage des différentes populations du territoire ? Comment faire émerger des maisons communes, accessibles à chacun et où tous participent à son bon fonctionnement ? Entre les salles polyvalentes des petits bourgs et les « grands équipements » des métropoles, les villes moyennes peuvent initier de nouveaux équipements collectifs adaptés à leur besoin.

L’engouement actuel pour les tiers lieux offre sans doute des pistes intéressantes. (Voir par exemple le pavillon français à la biennale de Venise ou la deuxième saison de l’étude Sharitories). Nous en reparlerons bientôt.

Le passage de l’action publique à l’action collective

Services à la personne, services urbains, équipements collectifs… ces trois pistes en appellent une quatrième : le passage de l’action publique à l’action collective. Action Cœur de ville est un programme partenarial, mais il est surtout porté par des acteurs publics ou parapublics (collectivités, ANAH, ANRU, CDC…). Cette configuration est adaptée lorsqu’on intervient sur une logique d’offre, elle l’est moins quand il s’agit de partir de la demande.

Comment faire pour impliquer davantage les autres acteurs des villes moyennes dans la redynamisation des cœurs de ville ? Quelle pourrait être la contribution des opérateurs de services urbains, des professionnels du service à la personne, des collectifs d’usagers et du tissu associatif ? Comment susciter, accompagner ou amplifier les nombreuses initiatives portées par la société civile sur ces territoires ?

Bref, comment donner une place à ces multiples parties prenantes dans le déploiement du programme Action Cœur de ville ? Pour réinventer les villes moyennes, il faut aussi réinventer l’action publique locale.

Ici s’achève notre première série sur les villes moyennes, destinée à renouveler le regard sur la crise que traversent ces territoires et sur les solutions pour en sortir. Les quatre pistes ci-dessus sont à prendre pour ce qu’elles sont : des premières intuitions qui demanderaient à être davantage étayées et illustrées. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez poursuivre la réflexion ou approfondir sa résonance sur votre territoire.

Villes moyennes (2/3) : les limites du « c’était mieux avant »

Les villes moyennes sont en crises plurielles : crise des chefs-lieux, crise des petits commerces et crise des centres-villes (voir le premier volet de cette série). A travers ces trois tendances, c’est la vocation même des cœurs de villes moyennes qui se trouve remise en cause.

Face à ce signal d’alarme, que peut faire l’action publique ? Une politique nationale des villes moyennes a-t-elle encore un sens, et à quelles conditions ? Le programme Action Cœur de ville va-t-il dans le bon sens ? Après le diagnostic, deuxième volet de notre série sur la réinvention des villes moyennes.

Action cœur de ville : un plan pragmatique

5 milliards d’euros sur cinq ans. Accusé de concentrer son action sur le soutien aux Métropoles, le gouvernement a voulu frapper fort… et montrer son attachement à toutes ces villes moyennes (plus ou moins) en déprise. Au-delà des chiffres, de quoi s’agit-il ?

Le plan Action cœur de ville se caractérise avant tout par son pragmatisme. Premièrement, il additionne une grande diversité de financement pour maximiser l’effet-levier (et la visibilité médiatique) du programme. Parmi les partenaires financiers, on y retrouve ainsi la Caisse des dépôts (sur la dimension économique et commerciale), l’ANAH, Action logement et l’ANRU (sur la dimension résidentielle et urbaine). Tout l’enjeu consiste à organiser la synergie entre ces différents intervenants. Pour ce faire, les administrations pourront aussi s’appuyer sur certaines mesures introduites dans la future loi ELAN, comme par exemple celle encourageant la mise en place de foncières commerciales.

Deuxièmement, le programme s’appuie sur le pilotage des actions par les premières concernées : les collectivités locales. Face à l’hétérogénéité des situations (en termes de difficultés socio-économiques mais aussi de stratégie d’action publique), le ministère a opté pour un accompagnement « à la carte », pour venir en appui des actions engagées par les villes et les intercommunalités.

Ciblant son intervention sur l’hypercentre des villes moyennes, le plan Cœur de ville évite le piège des découpages territoriaux et autres effets de frontière. Le guide « mode d’emploi » souligne ainsi la nécessité d’inscrire les actions de revitalisation des cœurs de ville dans une stratégie pensée à l’échelle de l’agglomération. Aux vues des interdépendances qui existent entre les villes-centres et leur couronne périurbaine, cette exigence est loin d’être un détail. L’avenir dira si le plan Action cœur de ville aura permis de reconfigurer les rapports centre-périphérie à l’échelle locale.

Tout y est ! Sauf…

Troisièmement, le cadrage national du programme identifie cinq axes auxquels les projets locaux doivent apporter des réponses : une offre attractive d’habitat en centre-ville, un développement économique et commercial équilibré, une accessibilité et des connexions développées, un patrmoine et des espaces publics mis en valeur et un accès renforcé aux équipements et espaces publics.

Tout y est ! Sauf l’argumentaire transversal sur la fonction de ces villes moyennes et la pertinence de cette catégorie. En la matière, on en reste à un discours convenu, hérité des contrats de villes moyennes mis en œuvre dans les années 1970 : « pôles essentiels au maillage du territoire », « fonctions de centralités qui irriguent les communes rurales environnantes », « un outil de redynamisation de nos territoires » qui « fait le lien entre le rural et les métropoles »… Autant d’éléments de langage dont on a vu la potentielle obsolescence dans le premier volet de ce billet.

Cette absence est d’autant plus dommageable, qu’elle correspond à ce qu’on pourrait attendre de l’aménagement du territoire. Si l’essentiel de la situation se joue dans les actions mises en place localement par les collectivités, l’intérêt d’une stratégie nationale consiste à porter une vision sur ces territoires, à passer d’une définition en creux à une affirmation consistante. Autrement dit, à énoncer la promesse portée par ces territoires, pour pouvoir apporter une réponse claire à la question : « A quoi servent les villes moyennes ? »

Un imaginaire des villes moyennes resté figé sur le mode retrospectif ?

En restant silencieux sur cette dimension, le programme mis en place renforce le risque d’enfermer les villes moyennes dans une vision nostalgique. Nous l’avions évoqué dans le premier volet : l’efficacité politique de cette catégorie s’explique par sa capacité évocatrice. Qu’il soit associé à l’enfance, aux vacances ou aux photos de Depardon, on a tous un imaginaire commun associé à la ville moyenne.

Or tout fonctionne comme si cet imaginaire était resté figé sur le mode rétrospectif du « c’était mieux avant ». La volonté de faire revivre (ou subsister) un passé (quasi)révolu apparaît en effet comme le point commun des politiques dédiées aux villes moyennes.

Au niveau national, le terme « revitalisation » illustre cette logique. Destiné à mettre en avant le volontarisme étatique pour soutenir ces territoires en déprise à grand coup de financements publics, il induit aussi implicitement que ce déclin serait à la fois uniforme et inexorable. En matière d’aménagement du territoire, l’Etat pompier est souvent piromane…

Ce discours s’inscrit dans la quête d’un idéal d’équilibre du territoire, marqué par la figure du « polycentrisme maillé » et d’une armature urbaine structurée en arborescence. Dans cette vision, les villes moyennes apparaissent comme l’échelon intermédiaire essentiel entre les grandes agglomérations et les petites villes. Et permettent au passage d’atténuer le discours sur la centralisation du territoire national et de battre en brèche l’hypothèse de la fracture territoriale entre les métropolitains et les ruraux.

Mais peut-on encore parler de polycentrisme quand c’est la notion même de centre qui est en crise ? Est-ce bien rendre service aux villes moyennes que d’entretenir l’idée qu’elles resteront pour toujours la capitale incontestée de leur bassin de vie, alors que les mobilités individuelles ne cessent de grignoter cette configuration ?

 

Ce discours nostalgique se retrouve parfois au niveau local. En témoigne l’accent mis sur la dimension patrimoniale dans les politiques dédiées aux cœurs de villes moyennes, à travers le couple préservation / valorisation. Comme si les villes moyennes ne pouvaient trouver leur salut que dans l’évocation d’un passé glorieux (ou présenté comme tel). Ce travers de la ville-musée touche d’ailleurs autant les villes les plus attractives (comme Saint-Malo ou Chartres…) que celles qui le sont moins (Laon, Carcassonne, Vichy…).

Certes, le patrimoine bati constitue un atout majeur pour les centres historiques des villes moyennes, par contraste avec l’expansion contemporaine des couronnes périurbaines. Mais il est aussi leur principale faiblesse, avec un parc de logements mal adapté aux besoins des ménages et un tissu commercial à l’accessibilité limitée.

L’entrée patrimoniale n’est pas problématique en soi. Mais le risque serait de croire que tous les problèmes des villes moyennes pourront être réglés par des politiques d’aménagement. Les actions soutenues par l’Etat dans les années 1980, avec les emblématiques rues piétonnes, n’ont pas suffit à résoudre la crise actuelle des villes moyennes.

 

On le voit : le discours nostalgique porté sur les villes moyennes risque bien d’accentuer le déclin qu’il est censé résoudre. Il renforce le sentiment de déclassement de ces territoires et de leurs occupants, avec les conséquences électorales que l’on connaît. En focalisant les efforts sur la perpétuation d’un fonctionnement passé, il nuit aussi à l’efficacité de l’intervention publique. Quelle est la capacité de l’action publique à soutenir une offre résidentielle et commerciale, si celle-ci s’avère structurellement en décalage avec nos modes de vie contemporains et les pratiques individuelles ?

Et si on inversait la logique, en essayant de construire une définition positive des villes moyennes ? Et si on repartait de la « demande de villes moyennes » au lieu de soutenir à bout de bras une offre de plus en plus déconnectée des besoins de leurs occupants ? C’est ce qu’on tentera de faire dans le troisième volet de ce billet…

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